Me and…Salinger
janvier 29, 2010
“Je suis dans ce monde, mais pas de ce monde ” JD Salinger 1919-2010
Holden Caulfield, l’adolescent en quête d’absolu de “L’attrape-coeurs” est orphelin.
JD Salinger n’est plus mais nous laisse des livres immenses (L’Attrape-cœurs ; Franny et Zooey ; Dressez haut la poutre maîtresse, charpentiers ; Seymour : une introduction ; A Esmé) qui ont bouleversés ma vie.
Il y a un avant et aprés Salinger, son écriture désespérée et la naïveté magnifique de ses personnages, ont d’abord dérangé puis exalté.
“L’attrape-coeurs” fut exclu de certaines bibliothèques scolaires comme on éloigne une allumette de l’essence; c’est une véritable onde de choc qui nous traverse à sa lecture car nous sommes tous passés par le deuil de l’enfance et la mise à mort de l’innocence.
Salinger a su transcender l’adolescence de sa plume tout en adoptant un style orale inédit dans la littérature américaine qui ouvra la voie à la Beat génération.
L’écrivain s’en est allé mais son œuvre restera à jamais immortelle , c’est dans l’art que se trouve l’éternité.
C.
Me and…Wolfmother
janvier 26, 2010
Le groupe australien jouait lundi soir au Bataclan à l’occasion de la sortie de leur 2e album « Cosmic egg ».
Connu pour leur performance live, les fans étaient au rendez vous et la salle pleine à craquer ce qui est plutôt surprenant étant donné qu’ils étaient considérés comme ringard il y a peu.
Avec leur look seventies et leur son à la Led Zep, ils peinaient à trouver leur public.
Seulement la folk est passée par là et l’envie de solo, de gros riffs de guitares et de hurlements (mélodieux j’entends) s’est faite pressente.Marre que ça chantonne, marre que ça gratouille.
Wolfmother (dont le seul membre original est le chanteur) accompagné ce soir là par les Black Angels fait partie de ces groupes qui prennent toute leur ampleur sur scène et le titre d’ouverture « Dimension » donne immédiatement le « la ».
Mené par le charismatique Andrew, la formation tourne à plein régime et l’audience apprécie d’un hochement rythmé de la tête le puissant « Woman », hit rock par excellence. Enfin de la sueur et de la bousculade dans un concert parisien. Un véritable parfum psychédélique se dégage de Wolfmother, comme dans le titre « Tales » ou encore « Joker and The thief » à l’image de ces grands groupes mythiques tels que The Doors ou Black Sabbath qu’on a bien du, aussi un jour, qualifier de ringard…
C.
Me and…Stromae
janvier 25, 2010
Stromae – Alors On Danse (Clip Officiel)
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Je suis tombée sur un clip dont la ritournelle m’a obsédée pendant bien 2 jours. J’en ai conclu que j’étais en présence d’un tube mais pas n’importe lequel : un truc dark mais dansant…
Un cocktail assez rare pour le remarquer. Enfin du sang neuf.
Stromae tout chétif voire maladif nous balance un son et une philosophie glauque : puisque tout est foutu d’avance “Alors on danse”, on noie ses illusions dans un son hypnotique et on se balance maladroitement au rythme des saxos bourrés.
Voici un titre qui dérange, qui sent le malaise mais fera groover les foules comme tout bon hit qui se respecte…
C.
Me and…Le comte de Bouderbala
janvier 25, 2010
Comte de bouderbala au palais des congrés
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Sami dit Le comte de Bouderbala (Le comte des désargentés), intrigue par ce pseudo décalé et sa bonne tête coiffée d’un chapeau de bouffon.
Officiant du jeudi au samedi à 21h30 au petit gymnase, il pratique le stand up avec brio.
« Le comte » n’a pas la langue dans sa poche mais ne fait pas dans la provoc, il se raconte et partage sa vision du monde : de l’enthousiasme exacerbé des américains, de la banlieue, des minorités visibles ou pas, du foot, du Slam , de la conjugaison hasardeuse des rappeurs ( musique à l’appui, il décortique les textes de Snipper ou Booba ) et j’en passe et des meilleures comme la différence entre les séries américaines et les françaises : personne ne demande la saison 6 de Navarro ou encore il règle la polémique de la conversion de Diam’s a l’Islam, pour lui,elle porte un voile pour faire croire que c’est une femme !
Monsieur maitrise son sujet car Sami Améziane est fils d’Algériens, né à Saint-Denis, joueur de basket parti étudier aux Etats-Unis et revenu tenter sa chance en tant que comique en faisant un petit détour par l’enseignement.
Pour autant sa joute verbale ne s’arrête pas aux frontières de son vécu, bien au contraire, Le Comte a l’ œil affuté et les pieds bien ancrés dans la réalité.
Personne n’échappe à son sens de l’observation : la politique, l’euro, la gay pride ou la guerre en Irak ; tout est démonté avec légèreté, intelligence et modernité. Le Comte est si attachant qu’il fait figure du bon pote dont toutes les vannes sont ponctuées d’éclats de rire et il nous rappelle que la différence c’est avant tout hyper marrant.
C.
Me and… Mr Nobody
janvier 18, 2010
Sur le papier le pitch du film est plutôt accrocheur : un enfant doit choisir entre son père et sa mère ; de ce choix plusieurs vies, plusieurs amours se profilent.
Choisir c’est renoncer, sans décison tout reste possible.
Ouah, tout à fait les questions que je me pose.
Nemo Nobody (what’s this f**** name ?!) , incarné par l’excellent (le gravissime) Jared Leto, est le dernier mortel vivant et raconte ses différentes existences à un pauvre journaliste complètement perdu . Comme le spectateur.
Les plans ultra chiadés de Jaco Von Dormael (Toto ce héro et le 8e jour) sont de l’ordre du publicitaire ,à tel point qu’on a l’impression que tout est à vendre dans le film. Ce qui n’arrange pas la compréhension du récit surtout que ce conte métaphysique s’attaque à des questions délicates telles que le destin, l’enfance, le choix et l’amour.
La genèse du film dit que le réalisateur a mis plus de 7 ans à écrire ce scénario.
Ben bravo,il semble s’être fait dépasser par son sujet très ambitieux et sa vision est parasitée par tous ces flashs back et sa réalisation trop lourde. Il y a, toutefois, beaucoup de poésie (autant que de clichés) et l’histoire d’amour entre Anna et Némo est vraiment de toute beauté, sublimée par le jeu des acteurs, c’est elle qui tient le récit sur le fil.
Malgré une certaine originalité il n’arrive pas à convaincre, embourbé dans une narration éclatée, il fait penser à du mauvais Gondry ou encore a un « Effet papillon » raté qui ont déjà abordé ces thèmes de façon grandiloquente.
Pas vraiment de réponses donc de la part de Mr Nobody voire même des questions qui s’ajoutent sur le sens du film.
Comme si j’en avais besoin…
C.
Me and ……………………Trinity
décembre 22, 2009
Si j’ai mis autant de pointillés entre Me and “Trinity”, c’est pour laisser un max de distance avec ce terrible personnage tant il m’a terrorisée. “Trinity” est le sérial killer de la saison 4 de Dexter, incarné par l’incroyable John Lithgow, il doit son nom au rituel sauvage dans lequel il exécute 3 victimes triées selon ses critères (de barjot). Je ne vais pas m’étendre sur ce que je sais de la saison 4 de Dexter, d’ailleurs je préfère l’oublier, trop flippant…
En revanche, j’ai besoin de parler de Trinity (oui, carrément, besoin) pour l’expulser de mes cauchemars (ok là j’abuse). Voici un vrai méchant voire un vrai batard tantôt attachant, tantôt répugnant seulement on ne sait jamais quand on va passer de l’un à l’autre. Trinity nous tient dans sa main et c’est lui qui décide de ce qu’il nous infligera : la crainte ou la sympathie et ce par un jeu d’acteur extrêmement pointu.
Je me rabâchais ça pour contrôler mon sale trip au fond de mon lit : c’est un acteur, c’est un acteur, oh la la qu’est ce qu’il est pointu CET ACTEUR.
En plus il est vieux ! Pas un papy mais presque, bien sur les auteurs de la série ont joué sur cette ambigüité mais ils sont allés beaucoup plus loin en nous le montrant nu…allongé dans une baignoire…remplie de sang…avec sa victime…une femme…morte….nue elle aussi.
Voilà qui m’a définitivement traumatisée et le pire restait à venir mais je ne dirais pas quand.
Le pire n’est jamais décevant.
HA HA HAAA HAAAAA ha ha (maman)
C.
Me and …France Culture
décembre 15, 2009
J’ai entendu une chanson ou plutôt un texte qui m’a bouleversée.
Dans la nuit de vendredi à samedi, je suis tombée sur une rediff de Taratata lorsqu’un dénommé Arnaud Fleurent-Didier s’installe au piano. Des mots apparaissent sur un écran et je ne comprends pas tout de suite. J’écoute attentivement le débit du jeune homme, ses mots car sa voix ne m’intéresse pas, et là je réalise qu’il nous raconte ses parents.
Ca me percute en plein cœur.
Il ne s’agit pas vraiment d’amour, ni de règlements de compte mais juste un recensement de ce qu’il sait d’eux.
Ca parle d’éducation, d’idéologies, de culture, de politique, des autres, d’histoire, de tout ces concepts dont on n’arrive jamais à bout et l’héritage inconscient que nous laissent nos parents.
Mais ce qui fait le plus mal c’est ce qu’ils oublient de nous dire, sur eux, sur nous, sur l’amour, la mort, sur la vie qu’on finira par apprendre de nous même à grand coups de désillusions.
J’ai trouvé cette chanson “France Culture” à la hauteur de ce qu’on ressent lorsqu’on enterre l’enfance. Une sorte de calcul naïf qui compte les points entre ce qu’on reçoit, ce qu’on est allé chercher et ce que l’on donnera.
Une mélancolie amère teintée de gratitude… comme l’âge adulte.
C.
Me and…Devendra Banhart
décembre 7, 2009
Devendra Banhart passait le 6 décembre à La Cigale pour une date unique à Paris.
Enfin j’allais voir l’ex de Nathalie Portman et Cat Power ( Monsieur place la barre haute ) en chair et en poil… Outre la bonne idée d’avoir relancé la barbe, on doit surtout à Devendra le retour de l’imagerie hippie et de la folk psyché.
J ai déboulé au concert pour le plaisir des oreilles mais aussi pour celui des yeux ( puisqu’on ne peut pas toucher ) mais apparemment je n’étais pas la seule… Beaucoup de filles dans la salle …et de barbus. L’artiste tout de jean vêtu entre sur scène avec ses quatre potos. Ovation.
Nous sommes face à un véritable groupe et d’après ce qu’il y a d’écrit sur la batterie, les dénommés The Grogs ( impossible de savoir ce que ca veut dire ).
Le set commence et le son est beaucoup plus rock , il est vrai que 3 guitares et une batterie ça aide ! Devendra joint une gestuelle hip hop à son chant éraillé ce qui le rend définitivement craquant. Il mastique son chewing gum pendant le doux ”Angelica”. L’ambiance est clairement feu de camp, les lumières sont oranges et la formation est agglutinée au tout devant de la scène , c’est intime et chaleureux.
Devendra enchaine quelques titres en accoustique et j’admets qu’au bout du 3e morceaux , l’ennui m’ a fait sortir de mon corps. Il ponctuait sa session de petites vannes que je n ai pas comprise ( parce qu’en bafouille anglaise hein ) , en revanche j’ai très bien capté les gloussements des filles séduites par l’adonis , il y a même un mec qui a hurler “je t’aime” ! Caliente.
Il y a une poésie certaine chez ce vénézuélien , j’ai flotté quelques minutes sur cette phrase : “You can’t put your arms around memories” susurré de sa voix douce amer. Puis les 4 zicos ont chacun interprété leur titre et celui du batteur à définitivement été le plus remarquable tant il bastonnait.
Rapidement le rappel sonne , Devendra revient avec l’ovni “Chinese Children” mixé avec ” I feel just like a child” qu’on attendait impatiemment. Tous se dandinent joyeusement , lui en tête continue sa break dance peace and love. Il me fait d’ailleurs penser à Julien Doré mais en sincère.
Le moment fut bon mais un peu de déception se fait sentir. Les commentaires de sortie sont mitigés , finalement le show fut assez tiède : rock sans l’être ou pas assez et ses chansonnettes hispaniques ont cruellement manqué. Peut être que nous aussi avons placé la barre trop haute à ce garçon qui a tout ( voire trop ) pour lui et surtout un album ” Cripple crow” qui s’écoute sans modération, qu’on aurait aimer retrouvé en live.
C.
Me and…Dizzee Rascal
novembre 23, 2009
Deux choses m’ont décidée à prendre ma place pour ce concert : déjà je ferais tout pour échapper à l’angoisse du dimanche soir et ensuite le titre “Dirty Cash”et son clip délirant. A chaque fois que je l’entends je danse devant le miroir , même quand y en a pas.
Je ne connaissais pas plus l’artiste que ça , j avais capté le genre electro Hip Hop à la Major Lazer ou Mia en écoutant 2 , 3 fois l’album vite fait. Le disque était un peu casse tête mais j’avais le pressentiment que sur scène ce serait sympatoche.
Ouah comme j’étais en dessous de la réalité …
En rentrant dans le Bataclan l’ambiance est survoltée, ça transpire déjà à grosses gouttes alors on se faufile dans la fosse sans trop trop se coller.
Le DJ surchauffe la salle avant l’arrivée de Dizzee Rascal , il balance les gros hits du moment et le public est en mode dance floor.
Détail prémonitoire, l’inscription sur son Tee Shirt : Party Hard. Quand Dizzee déboule tout de rouge vêtu , nous sommes tous gonflés à bloc, il s’agit de ne pas nous rater. Les basses vrillent nos tympans façon drum n bass , ca saute de partout c’est limite impressionant. Tiens y a le mec qui saute à contre temps, toujours là quoiqu’il arrive.
Dizzee s’accapare l’instru de David Guetta ”Sexy Bitch” et en fait une ”vraie” bombe qu’on ne soupconnait pas. Les titres sont hip hop minimal et électro , propice à la transe et le flow allumé du MC monte en puissance.Je ne connais pas la discographie du mec mais je suis le mouvement avec enthousiasme tant l’énergie fuse. Je ne cesse de me répéter qu’ils sont forts ces anglais même si les meufs bourrées derrière moi, tout droit sorties de l’Eurostar, ne savent pas se tenir.
Soudain la foule se fige pas certaine de reconnaitre les premières notes de “Dance wiv me” ,une fois l’identification faite c’est l’hystérie collective suivie de la déflagration 90′s: “Dirty Cash”. On gesticule comme des possédés et dans l’élan je vais m’éclater avec les anglaises qui m’accueillent chaleureusement.Trop forts ces anglais !
Le concert se termine sur l’obus sonore ” Bonkers”, on crie presque pitié mais on continue à jumper pour finir en beauté.
Quand les lumières se rallument, on est toujours dimanche soir mais pas d’angoisse juste les effluves d’une Hard Party …
C.
Me and ….En moins bien
novembre 16, 2009

Quelqu’un a réalisé mon rêve.
Vous me direz ça doit m’arriver toutes les secondes, rien qu’avec Nicolas Hulot , mais cette fois il s’agit de quelqu’un que je connais.
Pas très bien certes, nous étions collègues chez Universal Music .
Ce n’est pas la première fois qu’une personne de maison de disque écrit un livre et en général il s’agit surtout de massacrer le milieu mais dans le milieu on en a beaucoup parlé du livre d’Arnaud Le Guilcher comme étant un véritable roman et dans des termes élogieux.
Ca m’a énervé.
Moi aussi j’ai toujours voulu écrire un livre, encore faut il avoir un sujet, une histoire.
Et pourquoi, lui, en aurait-il une ? Publiée qui plus est ??!!
Alors moi et ma culture littéraire on s’est attaqué à son premier roman intitulé “En moins bien” comme dans la vie mais “En moins bien” ( Grrr, le sens de l’accroche !), bien décidés à le démonter.
Le pitch est un peu chelou : Dans un bled paumé nommé Sandpiper, au pied de la dune chantante un derviche tourneur germanique désespéré créé l’hystérie médiatique et devient l’emblème d’idéalistes déchus. Un loser largué par son amour se retrouve, malgré lui, leader d’un collectif de bras cassés censé gérer ce bordel.
Les influences de Bukowski, Fante et Palahniuk sautent rapidement aux yeux.
L’alcool, l’ironie, le suicide, l’amour cristallisé et les Rolling Stones en bande originale, le tout ponctué de jurons, c’est ce qu’on appelle un bon bouquin de mec de maison de disque ! Un livre rock’n’roll.
Hé hé j’en étais sure !
La nécessité de recommencer à zéro comme leitmotiv et l’écriture comme rédemption.
Aaaah si classique…Pourtant j’ai souris et pire que tout : je l’ai fini.
Malgré ces indices, j’avais ainsi conclu, satisfaite, qu’il ne suffisait pas d’être publié pour être écrivain. Le temps est passé et parfois je repensais à cette petite communauté à laquelle je m’étais attachée sans (vraiment pas) le vouloir, à cette ville de Sandpiper étrange et cruelle et sa dune chantante.

Je n’avais été surprise ni par le style, ni par le genre même si c’etait bien fait mais j’avais été émue. Jalouse puis émue.
Alors je crois que j ferais un peu tourner “En moins bien” parce que c’est toujours bien de soutenir quelqu’un qui va jusqu’au bout, parce que c’est toujours bien d’être touché et aussi parce que les Rolling Stones c’est quand même énorme.
C.







