Me and… Le magasin des suicides
mars 24, 2010
La lecture c’est comme le sexe moins on en fait, moins on a envie d’en faire. Attention il s’agit d’un point de vu féminin messires, point de réprimandes !
Bref, je cherchais un petit bouquin sympatoche pour me redonner l’appétit, j’ai alors jeté mon dévolu sur “Le magasin des suicides” de Jean Teulé, d’abord pour son titre, forcément, et pour son épaisseur.Voici un objet qui tiendra dans mon sac, qui me donnera, j’espère, du plaisir, et apaisera mes pulsions de morts.
“Vous avez raté votre vie ? avec nous vous réussirez votre mort” , si c’est pas un excellent “claim” ça ! Jacques Seguela en perdrait son bronzage si naturel de jalousie. Le ton est donné : bienvenu dans un endroit où l’abandon, les échecs, la laideur, le manque d’amour, la misère, les peurs, les regrets, les remords, la lâcheté, la frustration sont un fond de commerce.Assumé j’entends.
On se pend, on s’empoisonne, on s’étouffe, on se fait Harakiri avec du bon matos au Magasin des suicides ! Il y a du choix quand on en a plus dans cette petite boutique ! Enfin un business dont l’offre dépasse la demande ! Dans une société où la grande mort est l’ultime tabou (moins que la petite), Jean Teulé à réussit le tour de force de rendre une copie jouissive.
Un roman décalé qui parfois, quand tout espoir est perdu et que c’est mieux ainsi, surprend par sa poésie.
Et oui, l’entreprise familiale du “Magasin des suicides” vivaient des jours malheureux quand un grain de sable vint gripper la machine : l’optimisme d’un enfant, d’un tout nouveau, d’un rabat joie…
Moi, j’aurais choisis le “Death Kiss”
Quand j disais que l’appétit venait en mangeant.
C.
Me and ….En moins bien
novembre 16, 2009

Quelqu’un a réalisé mon rêve.
Vous me direz ça doit m’arriver toutes les secondes, rien qu’avec Nicolas Hulot , mais cette fois il s’agit de quelqu’un que je connais.
Pas très bien certes, nous étions collègues chez Universal Music .
Ce n’est pas la première fois qu’une personne de maison de disque écrit un livre et en général il s’agit surtout de massacrer le milieu mais dans le milieu on en a beaucoup parlé du livre d’Arnaud Le Guilcher comme étant un véritable roman et dans des termes élogieux.
Ca m’a énervé.
Moi aussi j’ai toujours voulu écrire un livre, encore faut il avoir un sujet, une histoire.
Et pourquoi, lui, en aurait-il une ? Publiée qui plus est ??!!
Alors moi et ma culture littéraire on s’est attaqué à son premier roman intitulé “En moins bien” comme dans la vie mais “En moins bien” ( Grrr, le sens de l’accroche !), bien décidés à le démonter.
Le pitch est un peu chelou : Dans un bled paumé nommé Sandpiper, au pied de la dune chantante un derviche tourneur germanique désespéré créé l’hystérie médiatique et devient l’emblème d’idéalistes déchus. Un loser largué par son amour se retrouve, malgré lui, leader d’un collectif de bras cassés censé gérer ce bordel.
Les influences de Bukowski, Fante et Palahniuk sautent rapidement aux yeux.
L’alcool, l’ironie, le suicide, l’amour cristallisé et les Rolling Stones en bande originale, le tout ponctué de jurons, c’est ce qu’on appelle un bon bouquin de mec de maison de disque ! Un livre rock’n’roll.
Hé hé j’en étais sure !
La nécessité de recommencer à zéro comme leitmotiv et l’écriture comme rédemption.
Aaaah si classique…Pourtant j’ai souris et pire que tout : je l’ai fini.
Malgré ces indices, j’avais ainsi conclu, satisfaite, qu’il ne suffisait pas d’être publié pour être écrivain. Le temps est passé et parfois je repensais à cette petite communauté à laquelle je m’étais attachée sans (vraiment pas) le vouloir, à cette ville de Sandpiper étrange et cruelle et sa dune chantante.

Je n’avais été surprise ni par le style, ni par le genre même si c’etait bien fait mais j’avais été émue. Jalouse puis émue.
Alors je crois que j ferais un peu tourner “En moins bien” parce que c’est toujours bien de soutenir quelqu’un qui va jusqu’au bout, parce que c’est toujours bien d’être touché et aussi parce que les Rolling Stones c’est quand même énorme.
C.
